Différenciation en France

La différenciation en France : levier et implémentation

Le mythe de la différenciation pédagogique à la française

64,9 % des enseignants ont le sentiment de ne pas être en situation d’aider leurs élèves à progresser.

Selon les enseignants, ce sont les conditions d’enseignement qui ne permettent pas d’aider leurs élèves à progresser. De bonnes conditions d’enseignement doivent permettre d’améliorer la prise en compte des besoins des élèves à l’école, au collège et au lycée.

La question des conditions d’enseignement en France est analysée à travers plusieurs prismes notamment l’effectif par classe, l’hétérogénéité des élèves, le matériel dit pédagogique et la pédagogie différenciée.

L’effectif par classe

D’après les statistiques du ministère de l’Éducation Ministère de l’Éducation Nationale, les classes françaises comptent plus d’élèves que dans n’importe quel autre pays d’Europe. Alors que la moyenne européenne s’élève à 19,3 élèves par classe en primaire et 20,9 élèves au collège, en France cette moyenne est de 22,1 élèves par classe au primaire et 25,6 au collège. Si les effectifs ont été réduits dans les classes de CP et CE1 du réseau d’éducation dit prioritaire. La France compte sur une baisse démographique dans les prochaines années pour induire une baisse des effectifs dans les autres classes du CE2 à la terminale.

La diversité des élèves

Le concept de différence tel qu’il est perçu en France se base sur deux critères : les notes et les comportements. La question de l’inclusion des élèves en situation de handicap n’entre pas en compte ici. C’est ainsi que certains personnels de l’éducation nationale sont spécialisés dans la prise en charge des élèves qui ont des difficultés d’apprentissage, ou dans la prise en charge des élèves qui ont des difficultés de comportement. Cette vision de la différence explique également les nouveaux choix de la France d’instituer des groupes de niveaux à effectifs réduits en français et en mathématiques au collège. La mise en place de cette mesure nécessite le recrutement d’au moins un millier de postes, ce qui semble compromis dans les conditions de recrutement très compliquées et le manque d’attractivité du métier d’enseignant en France. Cette mesure, par ailleurs, ne prend pas en compte l’hétérogénéité liée aux comportements.

Le matériel pédagogique

Le matériel pédagogique autrement dit les contenus dont disposent les enseignants et sur lesquels ils prennent appui pour enseigner sont les programmes et les manuels scolaires. Or les enseignants considèrent que les programmes et les manuels scolaires sont trop éloignés de la réalité du terrain au regard des besoins des élèves, du temps d’enseignement, des priorités, de la progressivité.

Les programmes scolaires

Dix ans après la création du Conseil Supérieur des Programmes, une trentaine de saisines ou auto saisines du CSP, la France s’apprête à connaitre une deuxième refonte de ses programmes scolaires et de son socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Les manuels scolaires

Une procédure de labellisation sera mise en place pour certifier les manuels scolaires du CP à la terminale. Pour être labellisés, les manuels devront être fondés sur des méthodes pédagogiques éprouvées et apporter aux professeurs une progression du simple au complexe, un rythme d’apprentissage, des repères exigeants pour élever le niveau des élèves.

Finalement, de son point de vue, la France n’a pas les moyens de ses ambitions. Elle ne peut ni agir sur les effectifs, ni sur l’hétérogénéité des élèves et elle mise tout sur du matériel pédagogique inadapté, plus précisément les programmes scolaires et les manuels scolaires pour aider tous les élèves et leurs enseignants à progresser. Mais tant que sa vision de ce que sont des conditions d’enseignement favorables sera déformée et sa conception de la pédagogie différenciée erronée, la France ne pourra pas faire progresser ses élèves.

La pédagogie différenciée

Il me semble important de rappeler ce qu’est la pédagogie : c’est l’art et la science de l’éducation. Son objet est de fournir, aux praticiens de l’éducation, les procédés éducatifs (la didactique) et les raisons théoriques qui les justifient.

La différenciation pédagogique ou la pédagogie différenciée dont les uns et les autres parlent en France part du postulat qu’il existe une diversité des élèves aux savoirs hétérogènes, d’âges, d’aptitudes et de compétences variés, et ils concluent faussement que les réponses didactiques apportées doivent également être diverses et variées pour répondre à cette hétérogénéité.

La différenciation pédagogique telle qu’elle est perçue en France est un mythe. On efface le tableau avec une craie, et on y écrit avec une éponge.


La méthode d’enseignement n’est pas une variable de différenciation

Indépendamment de la discipline enseignée ou de l’âge, tous les humains suivent le même chemin et les mêmes étapes pour apprendre. C’est sur la base de cette approche commune de l’apprentissage humain que Madrasa Pedagogy© a conçu sa méthode d’enseignement.

Le langage : la seule variable de différenciation

Chaque humain a ses propres représentations du monde, ses propres croyances. Une personnalité épanouie est bienveillante envers elle-même et envers les autres personnalités qu’elle rencontre. Madrasa Pedagogy© développe la conscience de ses propres perceptions et de celles des autres.

En fonction de l’environnement dans lequel il évolue, qu’il soit familial, résidentiel ou professionnel, l’humain doit développer certaines aptitudes physiques, intellectuelles et morales afin de faire face à sa vie personnelle et sociale.
Madrasa Pedagogy© promeut l’enseignement des langages physiques, intellectuels et moraux “locaux” afin que l’apprenant ait un impact positif dans son milieu de vie.


Le levier d’une véritable différenciation en France

Les enseignants ont les clés pour faire progresser les élèves, il faut leur donner toute la latitude pour le faire en répondant à leurs vrais attentes : des contenus d’enseignement adaptés réalisé en grâce à la concertation et au travail d’équipe.

Pour 52,4 % des enseignants, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture est utile.
Pour 67,8 % des enseignants, les programmes apparaissent insuffisamment adaptés aux besoins des élèves.
Pour 89,1 % des enseignants, les programmes apparaissent peu adaptés aux temps d’enseignement.
Pour 67,8 % des enseignants, les programmes apparaissent insuffisamment priorisés et progressifs.

Ministère de l’Éducation Nationale, Dossier de presse du Mardi 5 décembre 2023, “Choc des savoirs, Elever le niveau de notre école”

Le seul levier de la différenciation en France, les enseignants l’ont compris, ce sont les contenus d’enseignement. Le Ministère de l’Éducation Nationale doit conforter les enseignants dans leur liberté d’adapter le contenu des programmes aux besoins des élèves, au temps d’enseignement effectif, aux priorités qu’ils décèlent. Il ne s’agit pas là de liberté pédagogique comme c’est entendu en France car je le rappelle, il n’y a qu’une seule didactique, personne n’en inventera d’autres. Il s’agit là de la liberté de la transposition didactique interne. Tenter de rapprocher la transposition didactique externe (les manuels, les programmes) des besoins des élèves est une chimère, car il faudrait presque un programme scolaire par quartier et autant de manuels scolaires.

Implémenter la différenciation en France

Pour 83,6 % des enseignants, favoriser la concertation et le travail en équipe est un levier de différenciation.

Ministère de l’Éducation Nationale, Dossier de presse du Mardi 5 décembre 2023, “Choc des savoirs, Elever le niveau de notre école”

Les enseignants l’ont aussi compris, c’est la concertation et le travail en équipe qui permet de donner un cadre et une cohérence à la transposition didactique interne des enseignants. Il est cependant nécessaire d’aller plus loin dans la démarche et d’inclure la communauté éducative et la collectivité territoriale. C’est pourquoi la France doit progresser dans la décentralisation. Après le transfert de sa responsabilité des choix d’investissement et du fonctionnement matériel des établissements scolaires, l’Etat Français doit transférer une partie de sa responsabilité pédagogique aux collectivités territoriales notamment la conception de matériels pédagogiques (programmation, progression, manuels scolaire) qui prenant appui sur les programmes scolaires nationaux, seront adaptés aux besoins locaux et issus de la transposition didactique interne des enseignants. Ce matériel pédagogique pourra faire l’objet d’une édition et d’une labellisation de l’inspection de l’Education Nationale compétente pour en valider la conformité aux programmes scolaires nationaux et pourra servir de support à la formation continue des enseignants et du personnel éducatif.

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